Accueil d’un réfugié du Darfour, à Saint-Siméon-de-Bressieux, ou comment être solidaire depuis notre campagne ?

Comment participer en France à l’accueil des réfugiés des pays en guerre  : une question qui a interpellé certains citoyens sur notre territoire.

Dans l’hiver, s’est donc monté un collectif informel dont le but était de réunir des personnes enclines à prêter leur logement, ou aider pour les déplacements, des démarches administratives, enseigner le français… Après des démarches ardues auprès de la sous préfecture, de différents collectifs ou associations spécialisés… nous pensions que notre campagne ne pourrait pas participer au nécessaire accueil des réfugiés malgré les bonnes volontés présentes ! Et pourtant…

Hasballah, réfugié du Darfour, a été le premier a être accueilli en Bièvre.

Voici le récit de Raymond et Alice qui l’accueillent chez eux.

Voici également leurs besoins, leurs demandes de solidarités locales :

L’accueil des réfugiés : un long parcours, initié le 18 janvier 2016  !

L’accueil des réfugiés ne met pas forcément de « bonne humeur » !

Le collectif qui s’est constitué dans l’émotion, sur notre territoire de la Bièvre, le 18 janvier à Ornacieux, pensait que les quelques offres possibles allaient rapidement être acceptées.

Alice et moi avions un logement disponible dans une aile de notre ancienne ferme. La proposition a été transmise à différentes autorités. Elle a fini par arriver aux mains de l’association fondée par l’Abbé Pierre « Un toit pour tous ». Celle-ci nous a envoyé quatre spécialistes (en quatre fois) qui ont examiné le logement sous toutes ses coutures, y compris avec un appareil sophistiqué pour détecter le plomb et l’amiante. Le logement (parfaitement équipé et très grand) pouvait convenir pour une petite famille. Il a été estimé que l’existence d’une mezzanine ne le permettait pas ! Nous avons donc attendu la venue d’un célibataire…

La nécessité d’un contrat de location !

Contrairement à notre vœu (gratuité complète) il nous a été imposé un contrat de location. Il va de soi que nous reverserons le montant de ce loyer au réfugié qui recevra une aide au logement (APL) et devra payer une petite somme chaque mois pour assurer une responsabilisation nécessaire au processus d’intégration.

L’arrivée de Hasballah le 14 juin 2016

Le réfugié est arrivé… le 14 juin (alors que l’Allemagne avait déjà accueilli un million de personnes) ! Il vient du Darfour, province martyre du Soudan. Martyre ? Vous pouvez en avoir une idée en allant sur Wikipédia…  Le jour de son arrivée, il a participé au repas clôturant l’A.G. de l’association ADELIS (Association pour le Développement du Lien Social sur ST Siméon de Bressieux), auquel se sont joints, in extremis, à l’appel d’ADELIS, une douzaine de membres de la communauté musulmane, venus pour l’accueillir fraternellement avec abondance de gâteaux…

Quelques lignes sur Hasballah…

C’est un grand et beau jeune homme de 27 ans, qui a vécu des situations dramatiques, très intelligent, curieux de tout, très travailleur (il potasse chaque soir les deux cours de français intensifs que nous lui donnons quotidiennement). Il est pris en charge administrativement avec beaucoup de délicatesse et de professionnalisme par Aude,  d’INSER 38. Il possède sa carte de séjour et a le droit de travailler. Aude estime qu’il doit rechercher une formation et lui conseille de se loger à Grenoble.

Nous en sommes là. Il semble qu’il préférerait rester chez nous si une formation était possible à proximité… ce qui n’est pas évident !

Votre aide… des idées de personnes à contacter, vos propositions
     pour un apprentissage en mécanique, électricité, ou…
pour un logement sur Grenoble   … nous sera précieuse.

Les lectrices ou lecteurs de « La Bonne R’humeur » qui auraient une solution, y compris une formation comme apprenti (dans la mécanique, l’électricité…) sont invités à la transmettre à « La Bonne R’Humeur », en cliquant sur « Nous contacter » ! MERCI D’AVANCE !

 

L’accueil d’un réfugié : notre conclusion

S’il faut une conclusion, cette expérience prouve deux choses :
– l’une négative : la lourdeur bureaucratique des mécanismes français, qui a tout de même pour contrepartie positive…
– l’autre positive : la qualité des aides diverses qui, en conséquence, sont accordées…

Mais reste l’essentiel : la difficile possibilité de s’insérer dans le marché actuel du travail !
D’où le besoin de faire appel à notre créativité citoyenne, individuelle et collective, pour donner une impulsion nouvelle à notre société et transformer peu à peu nos vies…

Raymond