La nuit, debout…

Le jour, jamais à genoux !

Le mouvement Nuit Debout s’est mis en place le 31 mars à Paris, puis a essaimé un peu partout en France… Le temps que l’info arrive par pigeons dans notre campagne, c’est le samedi 16 avril qu’eut lieu la première Nuit debout côtoise…

En effet, suite à la projection du film « Merci patron » au ciné de la berliozienne, quelques motivés restèrent discuter sur le trottoir, faisant naitre l’idée de s’approprier ce mouvement localement. Car c’est bien à l’échelon local que les choses peuvent se jouer, s’entendre, se vivre !

Depuis 2 mois, le mouvement perdure ! S’il a connu des destins divers partout en France, nous pouvons être fiers que notre contrée s’avère être un fief de fiers citoyens engagés pour le bien commun !

Après avoir accueilli plus de 120 personnes ce premier soir d’avril, les halles voient défiler désormais tous les mercredis et samedis soirs, une dizaine de personnes, souvent différentes, souvent nouvelles… Des entrepreneurs, des salariés, des profs, des jeunes parents, des retraités, des étudiants, des syndicalistes, de simples citoyens…Chacun vient quand il peut, personne n’a plus de responsabilités qu’un autre, personne n’est indispensable, et pourtant une continuité s’opère, avec la rédaction de compte-rendus des « AG » ou des « commissions ». Et ça phosphore… parfois tard dans la nuit. Et ça se réchauffe à grand coups d’humanité, pour compenser la chaleur d’un été qui tarde à s’installer…

Des actions ont eu lieu ou vont avoir lieu : distribution de jouets et livres sur le marché pour démontrer la facilité des échanges non-marchands, soirée débat sur le TAFTA, partage de l’expérience de liste collégiale du village drômois de Saillans… et ça n’est qu’un début !

J’ai rencontré quelques personnes présentes à une nuit debout de ce début juin, et voilà ce qu’ils m’ont exprimé de leurs convictions :

  • Pourquoi participez-vous à Nuit debout, qu’est-ce qui vous a fait venir ici ?
  • « Je m’intéresse à la politique depuis longtemps, mais j’en avais une aversion totale depuis Hollande. Alors je me suis dit, Nuit debout, pourquoi pas ? Je suis arrivé après coup, et je me suis dit qu’ici, je pouvais peut-être apporter ma pierre à l’édifice ».
  • « Après avoir milité dans plusieurs mouvements citoyens, j’ai trouvé dans Nuit debout un mouvement que je cherchais depuis longtemps, qui réunit enfin tous ceux qui ont envie de faire changer le système ! »
  • Qu’est-ce qui vous fait rester dans le mouvement ?
  • « L’idée de partage, le principe pour moi ici c’est de s’informer soi même et d’informer les autres, pour élargir les prises de conscience nécessaires au changement de société. »
  • « J’y ai rencontré pleins de nouvelles personnes, issus d’horizons très différents, associatifs, syndicalistes, politiques, ou simplement citoyens. Ça me motive de voir que nous sommes nombreux à partager ma volonté de changement ! Chacun apporte sa vision, c’est très enrichissant, ça fait progresser nos réflexions ! ».
  • Comment envisagez-vous l’évolution du mouvement ?
  • « ça ne marche pas de juste essayer de convaincre avec des pancartes… Je voudrais trouver un moyen de contourner le système et de créer du lien social, que les gens se parlent, fassent connaissance. Toute personne de plus qui ira acheter ses légumes à la ferme du coin plutôt qu’au supermarché, ou un vélo d’occas’ au lieu d’aller à Décathlon, c’est un pas de plus vers le changement de système ! »
  • «  J’aimerais que nous continuions à faire des actions d’information aux citoyens, et que nous mettions en place des actions concrètes qui permettent, petit à petit, de faire bouger les choses… »
  • « Devrons nous revoir nos ambitions à la baisse ? Etre déjà un moyen de pression ? Regardez d’ailleurs déjà, le nombre d’hommes politiques qui s’emparent des idées traitées par Nuit debout, comme le tirage au sort électoral par exemple …»
  • « Il faudra aller plus loin que la réflexion. S’organiser pour faire réellement changer les choses. Si Nuit debout se résume à discuter sous la halle, je ne resterai pas. »
  • « Oui, il faut maintenant traduire politiquement ce qui se réfléchit dans les Nuits debout ! Trouver comment dépasser le fonctionnement politique actuel qui n’a plus rien de démocratique, et comment mettre en place un nouveau fonctionnement pour lequel tout est à inventer ! Trouver également comment articuler les différentes formes de lutte. »
  • « Nuit debout ne part pas de zéro ! Il y a une structure de base sur laquelle nous avons à construire cette nouvelle façon de faire de la politique ! »

Source : Des citoyens engagés dans la Nuit debout La Côte-Saint-André

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